18 août 2008
voyage au Portugal
En ludospace avec tente, réchaud, fauteuil, tables, balles de ping-pong, ouvre-boïte et accessoirement femme et enfants, l'envie nous a pris un mardi de partir au Portugal. Au départ, c'est l'idée d'un long week-end de Noël à Lisbonne qui s'est transformée au fil de l'année en équipée sauvage de 4 semaines à travers la péninsule ibérique.
Enfant, j'allais tous les matins chez ma nourrice portugaise. Elle s'appellait Vovo et elle me mettait de l'eau de Cologne Mt saint Michel tous les matins sur mes fringues, ça puait. Il faut dire qu'elle me mettait la dose. C'est peut-être pour ça que le parfum et moi: on est pas copain! Je ne sais pas de quel coin du Portugal elle venait mais ce qui est sûr c'est que j'ai baigné dans la communauté portugaise dès tout petit. Elle m'apprenait quelques mots comme j'imagine Obrigado ou Bom Dia. Je suis de Saint Etienne du Rouvray en banlieue de ROUEN, le bas le la ville est très comment dire... de culture TOS. Ici, on manquait pas d'maçons! Le bar qui craignait quand j'étais môme s'appelait le Lisbonne, c'est là ou j'ai appris à jouer au Flip. Les maisons alentours étaient ornées de carrelage sur la facade façon bon goût portugais. (LOL) Beaucoup des voisines de mon âge étaient d'origine portugaise. Héléna était celle d'en face, on parlait mode et musique très souvent. Zélia était celle de la cour de derrière, on partait ensemble à l'école et Maria était celle de la cour d'à côté, j'en étais secrètement amoureux. Elle était plus vieille que moi de 2 ans je crois. Evidemment brune, cheveux courts et yeux foncés, elle incarnait à mes yeux tout le charme lusitanien avant qu'un jour, on apprenne dans le quartier qu'elle était décédée d'une quelconque maladie à la con!! Ca force à aimer l'Porto ce genre de news quand t'es ado, j't'le dis! Mon voisin d'à côté, lui, s'appelait Pascal et son père dressait des pigeons voyageurs peut-être pour se sentir plus proche du pays. Je me souviens qu'ils mangeaient la soupe en dessert et qu'ils mangeaient beaucoup de chorizo. Plus tard, mes potes étaient portugais, et des noms évocateurs aux accents chuintants comme Guimaraës ou Setubal n'avaient plus de secret pour moi. Sans le savoir, j'étais un peu au Portugal, c'est donc un juste retour des choses de leur dédier ce voyage: a Vovo, Maria, Claude,au flip du Lisbonne et à mes voisines Portugaises.
Allez, envoyez la sauce aux ergots de poulet, voici LA CARTE:

17 août 2008
Etape 1: le pays basque
Le pays basque ou pais Basco ou encore Biscaye est l'étape incontournable pour les gens du Nord que nous sommes, sinon ça fait trop loin le portugal et on meurt avant d'y être. En partant à 5 h du mat, on arrive presque frais vers les 16 heures pour le fatidique goûter promis aux enfants. On a choisi de camper plutôt dans les terres que sur la côte pour des raisons financières et de tranquilité. Le camping Goyetcha à St Pée sur Nivelle donne sur la Rhune. C'est LA montagne frontière que l'on voit de tout le pays basque, c'est un peu l'équivalent de la tour Eiffel à Paris. C'est aussi grâce à elle que le pays est aussi très vert car les nuages s'arrêtent dessus et il pleut sur le pays. En gros, sur 5 jours, on en a eu 4 de pluie. Pour des normands lassés par la pluie; qui plus est en camping; ça commencait mal. C'est tellement vert que la Normandie ressemble à la Castille en comparaison. En dehors des contraintes météo franchement désagréables en camping, la région est sublime. L'identité basque est présente partout par la langue, le drapeau, les panneaux, le sport (chistera), la police de caractère basque, un code couleur rouge sang de boeuf-blanc-bleu, le symbole en forme de trèfle... Tout est là pour nous faire rappeler qu'on est au pays basque et si on s'en souvient pas, les multiples panneaux de la circulation troués par de la chevrotine ou taggés par de la bombe sont là pour nous le faire rappeler. La partie francaise n'est pas très grande, ce qui permet de voir pas mal de choses sans trop faire de kilomètres. Le grand + du pays, c'est qu'il y a une mer sublime, une très belle montagne et de jolies villes sur 30km carrés. On peut y passer 15 jours sans s'ennuyer tellement y'a à découvrir. Malheureusement, nous n'avions que 5 jours, alors il a fallu faire un choix. C'est le moment pour dire: CARTE et photos!!


La Rhune: promontoire-frontière basque
jour 1:St Jean de Luz avec son église à balustrade où Louis 14 s'est marié, ses ruelles charmantes, sa plage de sable idyllique. Dans l'église, il faut voir le bateau qui pend au milieu, la mer est très présente dans la culture basque.

ruelle vers la plage
la maison de l'infante
le port de pêche qui donne sur Socoa en face
maison basque rouge typique sang de boeuf et blanche
fronton de pelote basque
jour 2:Biarritz et sa voisine Bayonne sont très differentes. La première est très bourgeoise avec ses établissements année 20 type bain de mer. C'est un peu le Deauville de l'Aquitaine avec un centre ville très chic genre faubourg St Honoré. La deuxième est plus populaire avec ses bars, ses ruelles qui poussent à la déambulation, a s'assoir prendre un verre. Je m'y suis senti plus à l'aise, plus dans mon élément...
le rocher de la Vierge. Une ballade sympa à faire.
le genre de petite maison que l'on trouve tout du long de la mer facon Monaco.
les facades de Bayonne le long de l'Adour.
Jour 3: les villages de montagne: Espelette, Ainhoa, Sare et Ascain. Les 2 premières sont inévitables, elles incarnent vraiment l'esprit et la culture basque.
Espelette et ses piments qui sèchent.


Ainhoa et son cimetiere de croix basque


ascain et le départ du train pour le sommet de la Rhune. Un best-of a faire absolument à condition d'avoir une bonne météo.

la vue du haut de la Rhune est un panorama 4 étoiles. On découvre toute la côte basque ainsi que le début de la côte landaise comme sur la carte de France.
De l'autre coté, on admire Hendaye et la frontière espagnole.

Le train de la rhune nous attend pour redescendre, il est temps de partir pour le Portugal, demain la route sera longue...
16 août 2008
Etape 2: traverser l'Espagne
Debout 6h du pays basque: juste le temps nécessaire pour petit-déjeuner,plier tente, matelas et tout le bardas...Résultat: départ 8h!!! Putain, 2 heures, ça c'est de l'inertie!! Moi qui avais prévu de partir le plus tôt possible pour éviter la chaleur espagnole!!! Le passage à la frontière est toujours un grand moment, il marque le début de l'aventure en présentant son cortège de changement. Un dernier coucou à la Rhune et c'est parti pour St Sébastian et la traversée du Pays basque espagnol. Compter 200 km à travers la montagne avec beaucoup de monde et des routes qui montent et qui tournent, un paysage très vert qui ressemble....aux Pyrénées. Puis tout d'un coup après un tunnel donnant au loin, très loin sur Burgos, une vallée aride qui commence à ressembler à l'Espagne. Après avoir contourner Burgos et sa cathédrale comme on contourne Chartres, nous avons pris la direction de la Castille y Léon. Le contraste avec l'urbanisation du pays basque est frappant à travers toute la Castille car il n 'y a rien, personne, sauf des champs de blé et quelques pélerins. Là, il faut avoir confiance en sa voiture et espérer ne pas tomber en panne. La route longe les monts Cantalbrique que l'on apercoit au loin jusqu'à Léon. Dans ce coin, pas de nuages jusqu'à l'infini. On a l'impression qu'il n'y en a jamais eu, pour un normand c'est presque oppressant. Une pause-déjeuner à Sahagun (Sahagun ça commence comme sahara, c'est pas un hasard) nous permet de voir quelques pélerins marchant de bon pas au milieu de nul part. A l'entrée du village, un grand panneau sur le rd point central propose le programme de la traversée de la Castille avec les étapes détaillées. 6 étapes de 30 km avec pour seul copain le soleil et son bâton à travers un décor équivalent pendant 6 jours: faut être fort, très fort! Passé Leon, direction le Sud vers Bonavente, la France commence à sembler loin, le Portugal aussi d'ailleurs. Des brumes de chaleur tout autour brouillent le paysage, on traverse une sorte de désert, la chaleur monte dans la voiture non climatisée. On commence à regretter le coin de Burgos pourtant déjà si désert. Au loin se dessine un mât coiffé de l'enseigne Hotel Cancun, il ne manquait plus que le squelette d'un chameau à son pied pour relater l'ambiance du coin. Vers Bonavente, on a pris cap à l'Ouest pour voir se dessiner au loin les premiers monts puis montagnes qui font office de frontière au Portugal. On approche! Le coin est toujours aussi désert, on se partage l'autoroute avec 2 ou 3 autochtones. Le relief est de plus en plus accidenté, des éoliennes bornent le trajet, la route se transforme parfois en col avec tunnel. Une aubaine pour rafraîchir la voiture et ses passagers. On ne pense pas à l'Espagne montagneuse...quand soudain...
l'ancien poste frontière après Verin.
Pas de douaniers, pas de panneaux nous indiquant de reculer nos montres d'une heure, c'est tout comme si on était encore en Espagne. La première station essence nous l'indique pourtant en affichant un Splomb à 1,58 soit plus de 40ct de plus qu'en Espagne, Gasp!!
15 août 2008
Etape 3: le Haut-Douro
Ayant lu sur le routard que le camping de Villa-real n'était pas terrible et ayant remarqué sur la carte Michelin qu'il y en avait un à Lamego, on a joué banco sur Lamego. Ca nous arrangeait, c'était plus près de la vallée du Douro sauf que... Y'a pas de camping à Lamego. Juste un champ. Soit on rebroussait chemin vers Villa Real soit on gardait l'adresse de la Quinta San José(maison d'un vigneron) que l'office du tourisme nous avait donné.(http://www1.iha.pt/script/ad6frameset.html?x=MzQ0Nzg7MTE=) Fourbu et lassé par la voiture, on a choisi de rester. On a campé sur les terrasses ou poussent les vignes en plein coeur du Douro. Sympa sur le papier mais l'emplacement était en contrebas de la voiture, il fallait descendre tout le matos, 3 terrasses plus bas. Après 50 aller-retours avec tout le monde déçu et ronchonnant, le moral était au plus bas. Plus question de partir maintenant. Pas de douche dans les vignes sauf un tuyau d'arrosage où l'eau chauffe au soleil. Les tentes plein soleil avec une maigre consolation: accéder à la piscine privée vers les 18h30 avec les enfants. Le drapeau du Portugal flottait devant nous pour nous souhaiter la bienvenue! Après une bonne piscine (avec bonnet de bain obligatoire) et un bon repas de pâtes au thon (avec vinho verde), on s'est un peu baladé dans la quinta pour découvrir au bout de la propriété un panorama 5 étoiles sur la vallée du Douro. La quinta surplombait Peso de regua à 15km en contrebas et au loin la luminescence de Villa Real à plus de 30Km. Tout autour, s'étageaient les terrasses de vigne comme des rizières sur l'île de Java. J'ai essayé à maintes reprises de capturer l'image mais rien à faire, trop de dénivelés, trop de panoramas, trop de tout pour un si petit appareil. Il est des souvenirs qu'on ne photographie pas, c'est ainsi. Voici cependant un petit bout de ce que vous auriez pu apercevoir.
Imaginez le dénivelé avec autant en bas qu'en haut, les terrasses qui ne dépassent pas les 2 mètres de large et mettez-y 2 tentes pop-up: bah... c'est nous à Lamego! Au coucher du soleil ,la chaleur fléchit un peu (descend en-dessous des 30) puis vers 22/23 heures, le sol des vignobles très riche en chiste (pas en shit en chiste!) redonne tout la chaleur emmagasinée le jour, ça donne une petite impression de chauffage au sol trop fort qui disparait à peine vers les minuits. Ca nous a un peu rappelé la canicule de 2005 en Corse. Le lendemain, ravitaillement au Leclerc avec visite des rayons alimentaires oblige, visite du Solar de Mateus et de la vallée du Douro jusque Peso de Regua, douche en pleine nature et spectacle d'étoiles.
Lamego n'est pas très touristique comme tout le Nord du Portugal d'ailleurs. Elle ne laisse pas un souvenir intarissable mais ne manque pas de caractère non plus. Tout est en descente et montée. La ville est construite sur des promontoirs rocheux où se sont construit châteaux, églisex et LE sanctuaire Notre dame dos remedios.
Le santuaire de Lamego est dans le même genre que Bom Jesus à Braga en un peu plus petit. On monte les 617 marches en découvrant les stations au fil de l'ascension. A chaque palier, un bel azulejos. N'aparaissent ici que les 2 derniers paliers des 13. L'eglise domine le centre ville avec le château sur une autre colline.
Le solar de Mateus à Mateus est en banlieue de Villa Real. Il fut construit par Nasoni au 18ème dans le style baroque. Nasoni fait parti des grands noms portugais avec Camoës et Pombal que nous avons retenu. Nasoni a notamment contruit plusieurs églises dont le santuaire de Lamego et l'église Dos Clerigos à Porto. 
Le jardin est très joli avec une partie à la française entretenu par une vieille troupe de portugaises tout de noir vêtues. On y découvre une allée entièrement couverte de plus 5 mètres de haut! L'église du solar renferme un squelette entier habillé de ces plus beaux vêtements du dimanche. Le rapport à dieu est très différent d'en France. Il est axé sur la souffrance et le repenti. Tout tourne souvent vers le pathos baroque. Beaucoup d'or, des poupées de cire qui font peur, des bouts d'os, des curés ultras, beaucoup de pratiquants dans toutes les églises.
La gare de Pinhao est recouverte d'azulejos connus dans tous le Portugal. On retrouve ses cartes postales jusqu'à Lisbonne. Ceux-ci racontent la vie dans les vignes et comment se faisait l'acheminement du vin jusqu'à Porto. J'ai adoré. Malheureusement, la ville et les autres villages alentours sont très décevants . Sabrosa, village natale de Magellan et Peso de Regua sont bétonnés ou tout simplement moches. Heureusement le décor naturel de la vallée est sublime.
14 août 2008
Etape 4: Amarante
A 60 km de Porto en venant de Lamego, se trouve Amarante. Ville pas très grande dont on fait le tour assez rapidement. On pensait trouver une ville très riche en histoire et culture mais non, en dehors du monastère de Sao Gonçalo et d'un joli pont du même nom ou l'armée napoléonienne s'est arrêtée. Il n'y a pas grands choses à voir. Le centre ville est très moyen pour pas dire moche. Il nous restera le souvenir ému d'une épicerie toute sombre en longueur ou l'épicière d'une trentaine d'années élevait son bébé dans ce couloir épicerie. Dans la pénombre, derrière la caisse, sur le mur du fond, une reproduction du Christ grand format souffrant le martyre.
Autel baroque doré à la portugaise!! Très bling bling!!
Ca monte toujours au Nord du Portugal, toutes les villes sont en côte...Je m'étais fait greffer une bouteille d'eau sur la main.
Le dôme est recouvert d'azulejos.
13 août 2008
Etape 5: Porto
En quittant Amarante, on quitte les montagnes portugaises (le Traos e montes) pour arriver sur des vallons (le Minho). Fini les éoliennes qui ceinturent Villa Real, on se dirige vers un vrai camping avec piscine en grande banlieue Nord de Porto dans la commune de Lavra. On retrouvre une contrée très urbanisée qui fait contraste avec la paisible vallée naturelle que nous avons quitté. Le camping donne sur l'océano Atlantico, situé dans une forêt de grand pin, il n'a pour seul défaut que de se trouver....non loin de l'aéroport!!
La côte est banale, l'eau y est très froide et agitée car il n'y a pas de Gulf Stream pour la réchauffer. On se baigne uniquement sur les aires surveillées. Personellement, on a préféré se garder pour la piscine.
Heureusement, l'aéroport de Porto n'est pas celui de Paris. On n'a pas trop souffert des nuisances de l'aéroport. L'ambiance était plutôt coucher de soleil tous les soirs devant la tente, odeurs de sardines grillées constantes, mer de drapeaux portugais dans le camp, carrellages jusque sur la déco des tentes, karaoké avec chansons locales tous les week-ends. Le cirque Claudios à coté du camping: pas de doute, on est bien au Portugal!! Le camping est très familial, il y a très peu d'étrangers, les femmes portugaises s'affairent souvent dans leurs tentes-cuisines (sortes de petite tente-cabane pour cuisiner), ça sent souvent la bonne bouffe, les hommes eux sont aux BBQ. Eventails dans la main droite et pchiit à eau dans l'autre prêt au cas où il y aurait des flammes! Les maisons alentours dans les villes sont comment dire...: MOCHES! C'est la foire aux carrelages à chaque carrefour! La preuve:
maison carrelée aux couleurs du FC Porto!! un best of qui ne se visite pas: dommage!!
En point d'orgue à cette ambiance se trouve Porto, personnellement j'ai beaucoup aimé son coté authentique et populaire. Cette ferveur du foot et du catholicisme. On trouve des magasins dédiés aux FC Porto et au culte dans la même vitrine , c'est très...Kitch mais on s'y fait!! Les gosses se baignent dans le Douro, les loulous jouent au foot dans les ruelles sombres. Je regrette de ne pas avoir vu Porto il y a 10 ans car on voit que la ville change. Beaucoup de bâtiments sont en réfection, les quartiers s'assainissent, la ville se fait propre mais on perçoit encore une âme aiguisée comme le fil d'un couteau. Il y a beaucoup d'églises toutes aussi belles les unes que les autres. La ville peut se visiter en 2 jours pour voir l'essentiel (les quais, les ponts, le centre haut, la basse ville, la rive gauche Vila Nova des Gaia et ses chais, la plage popu de Matosinhos et la plage hupée de Da Foz).
la salle des pas perdus de la gare Sao Bento de Porto: un musée de l'azulejos
une belle statue de cire comme seule on les trouve dans les églises Portugaises.
ruelles de Porto
Le fameux ponte de Luiz inspiré du pont d'Eiffel en amont que l'on peut traverser d'en haut (très impressionnant) ou d'en bas.
L'etoffe blanche placé sur le pont est en fait le plus grand des napperrons du monde: kitch quand tu nous tient.
les quais du quartier de la Ribeira vu du pont Luiz.
la place de la Ribeira où se cotoient le monde des riches touristes avec ses hôtels de luxe et celui des habitants qui se baignent dans le Douro.
En haut de la rue commercante de Santa Catarina se trouve l'église du même nom toute de bleu vêtue.
la ville basse vue de Villa Nova de Gaia
Les embarcations qui servaient à transporter le vin de Porto jusqu'aux chais sont encore là pour le décor et quelques croisières.
Quelques plongeurs du pont Luiz.
La ville basse toujours très délabrée derrière le pont.
Le fameux Sandeman veille sur la ville.
Un carrefour banal de Porto
12 août 2008
Etape 6: Guimaraës
La ville de Guimaraës comporte un centre historique très ramassé. Les maisons anciennes; rares dans ces contrées; sont en pierre de taille de granit sombre genre un peu massif central. Nous avons été très surpris par cette ville qui nous a déconcertée quelque peu. C'est pas laid mais c'est pas beau non plus. Le guide vert nous indiquait un 2 étoiles, on en aurait mis qu'une. L'intérêt de déambuler dans la vieille ville déserte est de trouver les stations du chemin de croix du Christ. Elles sont dissimulées dans de grandes armoires en bois dans la ville et laissent apparaître un spectacle très réaliste.
place de Oliveira
station 4
Autel toujours plus doré que Julien!
facades locales
En v'la une de belle façade, une de celle qui vous scotche sur place!
Dans le haut de la ville se trouve le château et le palais des ducs de Bragança , il faut les mériter car ça grimpe sec! C'est un château du 10ème renforcé au 15ème. Le palais quand à lui date aussi du 15ème.
Le palais de Bragance et ses 39 cheminées de brique.
Un peu déçu par cette étape et par la qualité de l'architecture des villes du Nord du Portugal, nous avons décidé de zapper Braga et de filer vers le Sud. Un dernier petit gâteau à la crème, une séance de depilacoes chez Rosa Maria et direction Lisbonne...
11 août 2008
Etape 7: Lisbonne
Environ 500km séparent Porto de Lisbonne. Au fil du trajet, le paysage se dessèche (bye, bye gazon et herbes folles) pour devenir méditerranéen. On longe les contreforts de la Serra de Estrela autour de Coimbra puis le relief s'estompe vers Santarem laissant apparaître l'estuaire du Tage large comme une mer: la mer de paille. Au fond se dessine la serra de Sintra et la baie de Lisbonne. Le camping de Lisbonne est dans le grand parc de Monsanto (sorte de hyde park lisboète). Il est beaucoup plus international qu'a Porto mais il est comme qui dirait entouré de 2 voies rapides et d'un centre commercial gigantesque. Pour info, le Portugal a les plus grands supermarchés d'Europe. Lisbonne est bien plus européenne que Porto. On sent ici la bouillonnement d'une petite capitale avec ses gens chics et ses quartiers à la mode au contraire de l'authenticité populaire d'une ville de province comme Porto. On a adoré l'ambiance de cette capitale qui peut se visiter en 3 ou 4 jours en snobant les musées.
On a commencé par visiter le quartier de la tour de Belem excentré à l'Ouest sur l'estuaire du Tage. Ce fort de défense de style Manuelin du 15ème qui servit ensuite de geôle était autrefois situé au milieu du fleuve. Le tremblement de terre de 1755 déplacant le fleuve l'a fait se rapprocher, il est maintenant sur les quais d'où partaient les grandes expéditions à travers le monde. "aaaaah, aah, aah, aah,ahh, Esteban, Zia, parcourent les cités d'ooooooOOOr!!"
Au loin, on apercoit le pont du 25 avril qui relie le centre ville à la rive gauche.
Non loin de la tour de Belem, on trouve un énorme monument à la gloire des découvertes construit sous le régime du dictateur portugais Salazar en 1960.
Derrière le monument des explorateurs dans le quartier de Belem se trouve le monastère de Jeronimos. Y reposent Vasco de Gama et Camoës. Ce monastère cache un magnifique cloître.
Toujours dans ce quartier se trouvent beaucoup de musées gratuits le dimanche matin. On a profité de l'occasion pour visiter le musée de la marine et se remémorer la grandeur du Portugal à l'époque des grandes découvertes.
cartes du monde en 5m sur 3m dans le musée de la marine
La placa do Comercio est le coeur de Lisbonne et de son quartier la Baixa (quartier rectiligne reconstruit après le tremblement de terre.) Cette reconstrution est l'oeuvre de Pompal. Un des grands noms portugais que nous avons retenu avec Camoës et Nasoni.
L'ascenseur de Santa Justa est inspiré d'Eiffel comme le pont de Porto. Il mène au quartier commercant chic du Chiado.
La place Pedro 4 dans le Rossio vu de l'ascenseur de Santa Justa.
l'electrifico dans les ruelles de l'Alfama. le quartier le plus typique de Lisbonne, une image d'Epinal de ce que l'on imagine du Portugal. On pourrait se ballader dans ses ruelles pour l'éternité.
Les toits de l'Alfama et la mer de paille (estuaire du tage) au loin.
les ruelles de L'Alfama
un cabaret de l'Alfama ou l'on chante le fameux Fado (sorte de blues portugais) et ou l'on peut boire la Ginga (une boisson à base de cerise nom de dieu j'vous dis qu'ça!)
l'Alfama encore et toujours avec au loin en haut Santa luzia.
Du château Sao Jorge s'offrent les plus beaux panoramas de la ville. De surcroît le château est sympa à visiter.
L'église saint Vincent de l'Alfama vu du château saint George.
La gare du Rossio avec ses portes de style manuelline.
le funiculaire da gloria qui vous emmène du Rossio au Bairro Alto.
Fresque murale du Bairro Alto. Ce quartier vit surtout la nuit, il est bardé de tags et de bars branchés. On y consomme la Caïpirinha. Un alcool brézilien à base de sucre de canne et de citron. très très bon!
facade du Bairro alto
L'intérieur du funiculaire de Da Bica. Tout en bois qui grince et qui joue dans les tournants. Ca m'a fait pensé à ceux de Vienne.
Vu du pont Du 25 avril. Non, vous ne rêvez pas , ce sont bien des nuages!!
Le pont vu du Christ roi. Le pont du 25 avril ressemble beaucoup à celui de San francisco. Il est souvent embouteillé et émet un grondement constant provoqué par le passage des voitures sur les voies métalliques.
Surplombant la ville et le Tage, le Christ roi est la copie légèrement réduite de celui de Rio. Il a été érigé en 1959 pour remercier dieu d'avoir epargné Lisbonne pendant la 2ème guerre mondiale. On le voit de partout (même de Sintra à 20 km), il regarde tout le monde, on se demande toujours quelle tête il a. Alors on a été voir!
même pas mal au bras le gars !!
Au Nord-Est de la ville se trouve un tout jeune quartier construit pour l'exposition universelle de 98. C'est un quartier sympa avec de beaux bâtiments modernes. La gare internationale est très jolie ainsi que quelques points de vue sur le pont Vasco de Gama construit la même année. Nous y avons visité l'aquarium. Ca vaut pas Nausicaa à Boulogne-sur-mer mais l'aquarium principal est gigantesque. (Le plus grand que j'ai vu).
Un télésiège permet de passer d'un bout à l'autre du quartier du parc des Nations. Au fond le pont Vasco de Gama long de 18 km qui traverse le Tage.
La ballade est ponctuée de ces fontaines-geysers qui crachent de l'eau pour le plus grand plaisir des enfants.
Le grand aquarium du parc (le plus grand en 98) avec ses 7000 mètres cubes d'eau. (4 piscines olympiques)
Je le redirai jamais assez: Allez à Lisbonne!!!
10 août 2008
Etape 8: Sintra
Quand on va à Lisbonne, il est immanquable d'aller faire un tour à Sintra. Située à une bonne trentaine de Km de la capitale, on la rejoint en utilisant L'ic5: une voie rapide toujours très utilisée qui pourrait être l'équivalent de l'A13 autour de Deauville un dimanche soir! Une ville exubérante avec des palais partout, des constructions architecturales délirantes. Les fortunés se sont installés depuis longtemps dans ce paysage magnifique pour se laisser aller aux plus grands délires. Un endroit unique au monde. La ville est située autour d'un mont forestier qui est lui même une péninsule sur l'Atlantique. 3 jours minimum sont à réserver pour explorer cette péninsule. On pourrait en passer 15 sans s'ennuyer tellement le coin est riche en surprise ,en diversité, panoramas, plages. Au bout se trouve le Cabo da Roca (le point le plus à l'ouest du continent européen) Tout un symbole!. Au Sud, on trouve, la côte d'azur portugaise autour des villes de Cascais et Estoril (James Bond, le casino, le circuit de F1...). Ici tout est très urbanisé (souvent des constructions très laides genre golfe de Gascogne ou costa del Sol) et très "signe extérieur de richesse". Estoril est le pendant de Monaco et Cascais celui de St Tropez avec son petit port de riches. Personnellement pas ma tasse de thé! Voici le trajet de 70km que nous avons fait dans le coin: (click pour agrandir)
Nous avons passé 2 jours à Sintra pour d'abord visiter le palais national de Pena et son parc. Situé sur le haut de la péninsule, le château embrasse tout le décor avec un panorama 360° extraordinaire. L'accès au site est de 30€ par famille mais ça les mérite. Tout y est extra. Le château à été contruit par le roi Ferdinand II au 19ème. Il y a réuni tout les styles architecturaux: indien, méridional, mauresque, gothique, manuélin, renaissance, etc. Tout un pèle-mèle qui donne en fait un côté château à la Walt Disney/château de Bavière LOL. C'est un peu kitch au premier abord! Mais on retrouve aussi l'esprit de Pierre Loti avec sa maison de Rochefort dans le sens collection, exposition du monde... Le plus touchant est le parc. Son délire est un peu celui de notre Louis XIV et de sa Marie-Antoinette en plus romantique (dans l'esprit littéraire du 19ème). On se promène en découvrant ici et là des endroits merveilleux. L'Alta Cruz (le point culminant à 529m donnant un panorama 360° sur toute la péninsule); le gardien du château (une énorme statue montée sur le haut d'une colline), le potager du roi, le village avec des habitants pour occuper la reine, le ruisseau des fleurs, le palais arabe, la fontaine de la reine où ne manquent que les fées, le pique-nique du roi où des pierres ont été installées puis recouvertes de mousses; le trône de la reine où l'on a façonné la roche pour y faire un escalier dérobé accèdant à une mini-grotte taillée en forme de fauteuil (Le tout laissant découvrir une vue sur le château 5 étoiles!!). La flore de l'endroit est très particulière car la serra de Sintra jouit d'un micro-climat favorisant les plantes tropicales et sub-tropicales. L'endroit nous a empli de bien-être... Nous y avons passé un moment intense. Parait-il que l'explication est magnétique!! L'endroit est chargé en minerai de fer et serait l'origine de son magnétisme physique et psychologique!!!
la vue du fauteuil de la reine (gasp!)
La cour du palais de Pena
L'éntrée gothique du chateau
Les tours mauresques donnant vue sur Lisbonne à plus de 2okm
L'impressionnant Arc de Triton donnant accès sur la cour intérieure et la chapelle.
Vue dérobée du parc sur le château.
Un des inombrables bas-reliefs ubuesque du palais.
Dans le centre-ville de Sintra, on retrouve le fameux palacio national avec ses deux tours coniques qui sont en fait les fourneaux des cuisines...
...Mais aussi d'incroyables demeures....
et le château des Maures qui surveille la ville.
L'autre grosse "attraction" à Sintra est le parc de Regaleira. Le concept du parc est simplement délirant. En deux temps, 3 mouvements on se retrouve comme François du Club des Cinq à explorer telles grottes dans le noir ou telles coursives tortueuses. On y trouve des parcours initiatiques et ésotériques soit-disant franc-maçons. Ainsi le puit initiatique est un parcours dans le noir (assez long pour se poser des questions) qui nous mène vers un puit qui remonte à la lumière pour symboliser la renaissance. On avait pris un petite lampe frontale pour pouvoir rassurer les enfants car le parcours est assez long et semé d'embuches (surtout que ce n'est pas le seul). Le sentiment dominant est un peu celui de la première fois dans le train fantôme!!
l'entrée dans le puit initiatique....
...et la sortie magistrale vers la lumière.
Le palais de la Quinta au milieu de son extraordinaire parc. L'intérieur est moins intéressant que le parc mais la bibliothèque avec son faux-semblant vaut la visite incluse dans le prix.
L'ascension de la tour symbole de lumière et de connaissances...
Le patamar dos deuses avec ses statues étranges donne accès sur une grotte dérobée (derrière) qui donne accès à un parcours dans l'antre du parc menant à un autre puit magique...(vraiment une visite inoubliable!!!)
Un peu plus loin sur la côte, on trouve pour les passionnés de point géographique, le Cabo da Roca, ça fait un peu obsessionnel mais pour moi ,c'est un immanquable....
Ca parle tout seul, le point le plus l'Ouest de notre continent!!
Le mec avec son chien, là c'est pas moi!! hein?! j'ai pas de chien et de short vert!
"Ici, s'arrëte la terre et commence la mer" dixit Camoës, c'est con comme phrase mais tellement vrai!! j'ai adoré!!! Le même sentiment qu'à la pointe du Raz (très fort)....
09 août 2008
Etape 9: Evora et le haut Alentejo
Evora capitale de l'Alentejo est à 1h30 de Lisbonne par l'autoroute. C'est la capitale de la région la plus rurale du Portugal. C'est d'ici que vient La Portugaise de notre enfance: j'ai nommé (roulement de tambour): Linda DE SOUSA. Son relief est toujours vallonné avec une herbe jaune et des chênes-lièges harmonieusement espacés. (là je parle de l'Alentejo, plus de Linda hein!?) Le paysage est serein, calme, même si l'on sent qu'il y fait toujours très chaud. A l'entrée des villages, on trouve souvent des pubs pour la tauromachie appelée ici touradas et un grand panneau indiquant le niveau de vigilance au feu. Le portugal a toujours en tête le feu qui l'a dévoré en 2003... A Evora le niveau était de 3 sur 5 et les gardes forestiers sillonaient les campagnes.
La région recèle de jolis vieux villages qu'on ne trouvent pas dans le nord comme Evoramonte, Araiolos ou Estremoz... Ceux-ci sont blanchis à la chaux et ressemblent un peu aux villages andalous; on est après tout qu'à 300km de Séville... Ils sont souvent fortifiés et comportent toujours de belles églises. Le Must étant bien sur Evora avec son temple romain, sa cathédrale, son université, sa chapelle des os, son parc, la maison de Vasco de Gama...
un petit air d'Amerique du Sud règne sur la place do giraldo d'Evora, non?
les ruelles qui serpentent dans la ville. C'est beau hein?
le Fameux temple et le couvent dos loios en arrière plan.
Une arrière cour où traînent les oranges amères comme traînent les pommes chez nous.
Une ruelle typique d'Evora. eh ouai!! y'a des coins sur Terre...
La cour de l'Université ou chaque salle de classe comporte des azulejos sur les 4 murs.
La capela dos ossos: 5000 personnes ont été nécessaires pour orner les murs de cette chapelle. Gasp!! Elle date du 16ème, elle permettait d'inciter à la méditation.... tu m'étonnes!!!
La région nous a beaucoup plus. Alors, on a continué notre chemin en remontant vers la Sao Mamède et sa capitale Portalègre. La sao Mamède est un massif qui culmine à 1000 m d'altitude. Il fait frontière avec l'Espagne et termine la région de l'Alentejo. Les villages et la nature sont magnifiques. Ils ne dérogent pas à la règle de L'Alentejo: du blanc, du blanc, du blanc.... Portalègre est la ville centrale. Son centre est très animé et de surcroit sympa à visiter. Dans la Sao, on trouve la ville de Castelo de vide. Perdue au fond du Portugal, c'est un joyau de bien-être. Les gens vivent dehors comme en Espagne, les maisons sont belles mais malheureusement, ce jour là, on avait pas l'appareil photo!! Plus haut, faisant office de mirador et de garnison à l'époque de la guerre contre l'Espagne. On trouve Marvao. Il est dit dans les guides que c'est le plus beau village du Portugal ex-aequo avec Monsaraz. IL est en effet très beau mais manque un peu de vie à notre gout comparé à Castelo de vide. Il surplombe toute la montagne et la frontière espagnole sur plusieurs dizaines de kilomètres. Là encore, beaucoup de très belles maisons blanches avec en prime un château, des remparts impressionnants et des panoramas là aussi imphotographiables...
La majestueuse église de Marvao
Une ruelle montante (encore!!! eh oui, ça monte toujours au Portugal!)
L'église et le panorama sur la serra de Estrela vers Castelo Branco à plus de 60 km!) On comprend la position géo-stratégique de Marvao!!
Les remparts à flan de falaise entourent toute la ville que l'on voit de partout comme pour signaler la présence militaire. Notre camping était en contrebas de la montagne à Santo Antonio das Areias d'où l'on apercevait le village éclairé la nuit et les milliards d'étoiles bien présentes dans cette région centrale de la péninsule ibérique. Quelques chèvres berçaient notre sommeil de leur clochette... La vie dans ce qu'il y a de mieux et demain Salamanque en Espagne....
























































































































