30 novembre 2008
Elefant-zine #1 Rouen est-il rock?

Mise en ligne des archives de l'éléfant-zine!!! Celui-ci date de l'année 1988 je crois. C'est le premier d'une série de 6 ou 7, j'ai pas encore tout exhumé!! A l'époque, on travaillait tout à la main (eh oui!), ce qui prouve les efforts en matière de publications durant ces....(Gasp! ,ça fait un peu peur!!) 20ans!! On écrivait nos textes sur une machine à écrire Underwood. Vous savez, celles qui ont un ruban noir et rouge et qui appartenaient à nos grands-parents. Pour les illustrations, on utilisait des images que l'on découpaient allègrement dans les magazines de l'époque genre Rock&Folk ou autre Best. Vous aurez donc droit à une version scannée couleur inédite. Pour le lettrage, on avait toute un collection de lettres à decalquer (Lettraset) que nous achetions la peau du cul (de l'éléphant) d'ailleurs! Avant l'impression/réduction au format A5 que nous réalisions sur un photocopieur SNCF, on allait faire tramer nos planches originales afin d'en tirer le meilleur parti en terme de reproduction. Ca fait rire quand on voit la qualité obtenue alors allez vous imaginer sans!! Enfin quelques dessins nous parvenaient de dessinateurs inpirés comme pour cette couverture...
Pour ce premier article, nous voulions remettre en selle, la relation entre le Rock et la ville de Rouen. Les Dogs, les Olivensteins, Oenix, le fanzine SLA (tout ce qu'on appelle encore les années "Melodie Massacre" ) avaient étiquetés la cité de "ville Rock". On pouvait sniffer les effluves de ce passé encore présent dans les coeurs et les rues de Rouen. Les Tupelo Soul marquaient à la culotte leurs ainés en brandissant nationalement les couleurs de la ville mais malheureusement, le beau fardeau était un peu lourd à porter et surtout placé un peu haut sur le piédestal. Les deux rives s'enorgueuillaient de ce statut largement mérité par les "anciens" mais tout doucement la ville commençait à revêtir ses habits de "belle endormie". Surnom que porte toujours la ville de Rouen d'ailleurs! Enfin avec la salle de musiques nouvelles "le 106", ça va peut-être changer...(Yes we can nous aussi!!). A cette époque, sur la place de la cathédrale fleurissaient des keupons (pas encore tous clodos) et des "cheveux en l'air" (que nous appelions "New-wave") sur tous les bancs. Rouen avait encore ce côté londonien quand on passait le long du palais de Justice pas encore restauré. Il y avait cette statue à la place de l'actuelle station de métro que l'on trouve maintenant rive-gauche derrière la tour des archives. Ici, se rencontraient des phénomènes aux looks improbables que l'on appelait pas encore "gothique" mais plutôt "batcave". On y voyait certains punks se transformer petit à petit en skinhead pour entretenir l'ideal national-socialiste engagé en Angleterre pour contrecarrer la mère Thatcher. On y apercevait aussi des mecs au crane rasé sauf une mèche pointée vers le ciel entretenue au gel Discostar jaune. On les appelait des "Psycho" parce qu'ils écoutaient du Psychobilly. Derrière, il y avait le café des Taxis où l'on pouvait apercevoir les gloires locales comme Louise Feron, les Mr Moonlights, les Tupelo ou plus rarement les Dogs. Sur l'autre rive (celle de gauche) vers Saint Sever, on rencontrait des puristes du Rock n'Roll avec des bananes gominées à faire palir Brian Setzer des Stray-cats. Plus généralement, les filles portaient des collants à rayures et les gars du rouge aux ongles noirs. C'est au milieu de cette faune disparate et disparue que prend place ce micro-trottoir. Il apporte cet instantané des tendances musicales et du sentiment vécu à l'époque à Rouen... sur Rouen.









29 novembre 2008
Elefant-zine #1 Mr Moonlight
A quelques heures du 5 décembre 2008 pour le concert anniversaire des 20 ans des Mister Moonlight au Trianon de Sotteville lès Rouen, Le Time Warp de l'eléfant-zine revient en 88. Les moonlights sortent à peine de leurs caves de Houppeville d'où ils viennent de tailler quelques compos qui marqueront le départ d'une carrière rock nationale plus qu'honorique. J'me souviens avoir acheter leur 1er 45tours chez le disquaire de la rue des bons-enfants. ('tain, c'était comment le nom d'ce disquaire, au fait??). Bref, en mattant les dernières sorties locales dans le bac à 7inches, j'aperçois une pochette rouge et noir avec un mec à la Margerin guitare a la main. La pochette me plait tout d'suite, je retourne le carré, j'aperçois le nom de Kid Pharaon: la messe est dite. J'achète de suite la galette encore chaude et je cours poser le vinyl sous mon diamant de platine. J'entends alors pour la première fois le riff accrocheur de "Put in your pocket down". Le genre de riff mon gars, qu' tu peux pas oublier d'ta vie une fois qu'tu' la entendu. Un riff qui sonne rock west coast un peu comme Tom Petty, ou un peu comme "ways to be wicked" des Lone Justice. Quand j'ai entendu ça, j'me suis dit: "Soit ils prennent des stups, soit ils sont doués, soit les deux!! Et qu'en tout cas, ça l'fait grave pour un putain d'groupe rouennais d'la rive droite!!!" Ni une, ni deux, j'me suis planqué derrière l'arrogance et l'insouciance de mes presque 20 ans pour les appeler au 35 59 17 06 et leur poser quelques questions avec mon magnéto K7 Radiola dernier cri... Ca devait être au bar des taxis qu'on s'est rencontré, un mercredi après midi entre 3 et 4 avec pour toile de fond un ciel pluvieux à la rouennaise, une ou deux Adelshoffen et un paquet de Marlboro cartonné rouge, blanc et noir... comme le 45 tours que j'avais sous l'bras...








