TOP! A trois quart d'heure de Vienne et à 1094 km de Paris, je m'appelais autrefois Presbourg. J'ai été sous l'occupation une base nazie très importante. Plus avant encore, j'ai été Pozsony la capitale de la Hongrie. Je suis située à l'extrémité des petites Carpates et j'ai inspiré les Bratisla Boys de Michaël Young. Je suis la capitale de la Slovaquie, je suis, je suis, je suis.....Bratislavaaaaaaaaaaaaa. Brrrravo Julien!! Vous venez de gagner l'intégrale remasterisée de "Kouroukoukou roukoukou stach stach " ainsi que la carte au 500.000ème de la Transniestrie!!!!

juillet_2010_229On roule depuis des milliers de secondes sur une plaine aride qui s'étend sur des dizaines de kilomètres. Sur 180°, l'horizon n'est qu'une brume de chaleur. La clim de la Kangoo verte est à fond mais rien n'y suffit. Elle peine à faire descendre le thermomètre intérieur en dessous des 28°. On transpire des paupières et des coudes. Au loin, des champs de blé et d'éoliennes battent péniblement la mesure sous un soleil de plomb. Soudain, un étrange reflet sur mon cockpit me sort de mes songes de conduteur. La morsure de l'astre solaire est fatale. Une fissure de la taille d'un serpent à sonnette vient d'apparaître sur mon pare-brise. Slovaquie! est-ce là ta signature?  J'avance encore quelques kilomètres et me faufile sur un ruban d'autoroute qui semble tout juste inauguré. A la radio, un air familier me rappelle à ma misèricorde: "Karglass Ripariert, Karglass  tauscht aus !!!"  Putain de dieu, même là, y nous la font!!  Je sors alors mon index-canif et je coupe le sifflet du crotal d'un geste rageur lorsque j'aperçois la  frontière. L'endroit semble désert. Je ralentit par habitude. A la place de l'ancien rideau de fer se dresse un fier poste-douanier flambant neuf à l'architecture aéroportuaire...Le routoport de Bratislava-Jarovce ressemble à dead-city gulch. Il est neuf et doit répondre certainement au critère de la zone Euro mais il sonne faux comme un décor de western en carton pâte. juillet_2010_222 J'embraye la 3ème vitesse de mon bolide occidental et je file entre les faubourgs de l'ancienne Presbourg. Des kilomètres d'immeubles soviètiques de la banlieue de Petralka se dresse en haie d'honneur comme pour me souhaiter la bienvenue. Je me surprends alors à chantonner: "La banlieue, c'est pas rose, la banlieue c'est morose". Ca paraît craindre mais ce n'en est peut être qu'une illusion. Au bout de ce tunnel d'HLM, je tombe nez à nez sur une soucoupe volante...

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juillet_2010_224Surplombant le Danube de 85 mètres, un resto panoramique des années 70 trône sur ce qu'ils appellent le pont neuf (novi most).  Je passe entre ses jambes sans trop me faire remarquer par l'ovni et j'entre dans l'hyper-centre touristique de la ville...

juillet_2010_225Sur la colline du dernier promontoir des Carpates, le château médiévale laisse imerger un énorme drapeau slovaque en son centre. Encore noirci par les siècles et le feu il y a 3 ans, le château donne le ton sur la volonté de faire peau neuve dans la capitale. On le retrouve jusque dans ses poches sur la face régionale des euros locaux.

juillet_2010_25650cents

Le hrad (château) est beau comme un sou neuf de 50centimes d'Euro. Je me pavane sur son chemin de ronde sous 40° et admire l'horizon hongrois et autrichien. Je remonte en cariole et descends garer ma guinbarde dans le frais d'un parking du centre historique. J'en trouve un qui m'a l'air sympa et bien placé. Je regarde furtivement les tarifs en me disant que de toutes façon je n'ai pas de dictionnaire Slovaque et décide d'entrer dans la place avec la vague idée d'un 2,10€ de l'heure. Horreur et damnation!!  A mon retour après 3 heures, le préposé au parking me rends le ticket où s'inscrit la somme de 15€ et des cacahuètes; ce qui ne doit pas être loin d'une journée de salaire slovaque à mon avis. J'enrage de m'être fait rouler comme un blaireau de touriste. Rien à y faire, Le Bratislave est malin, il facture au quart d'heure et se garde bien de traduire ses explications tarifaires!!

juillet_2010_228Pendant que mon cabriolet était gardé comme un roi, j'ai déambulé dans le charmant petit centre piéton.  De maisons aux couleurs chatoyantes, aux ruelles ombragées par les multiples édifices inscrit au patrimoine, on en oublie que la glace est à 50cents et que la pinacolada à 1€.

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juillet_2010_238La place du marché (Hlavné Namestie) regroupe beaucoup de joyaux qui sont autant de temoins du riche passé historique de la ville. on y trouve pêle-mêle une fontaine Renaissance, des immeubles art-déco, un vieil hôtel de ville au tuiles émaillées, une statue de Napoléon ou encore une ambassade de France installée dans un palais Rococo. (pourquoi Napo?? parce que c'est là qu'il a signé le traité de paix avec les Austro-russes après sa victorieuse et fameuse bataille d'Austerlitz. Eh, oui!!)

juillet_2010_236 la fontaine Roland et le café Art-déco.

juillet_2010_243 Le vieil Hôtel de ville....

juillet_2010_239...et ses tuiles émaillées au couleur de la Slovaquie.

juillet_2010_240 Beaucoup d'efforts ont été mis en oeuvre pour rendre la ville agréable au promeneur à l'instar de cette statue installée comme un Happening artistique. Un photographe, un égoutier, une femme début 20ème et d'autres encore ponctuent la visite de la ville.

juillet_2010_246Néanmoins, il ne faut pas faire grand pas pour sortir de la dite "zone touristique". Là, le contraste est flagrant: les façades sont décrépies, les routes en vieux pavés sont explosées, et les stigmates du communisme pourtant déjà loin sont encore débout. Ca donne un certain charme suranné voir exotique à la ville mais cela explique aussi le désir de tout vouloir reconstruire au plus vite et d'attirer les capitaux étrangers. Ce pays qui pour nous était une sous-région de la Tchécoslovaquie arbore à qui mieux-mieux dans sa capitale tous les symboles d'un état-nation fort. Des drapeaux en veux-tu ,en voilà; des I love Bratislava par ci, des débits d'alcool détaxés par là. Il faut que le touriste voyageur rameuté au chalant ai envie de rester et qu'il se souvienne de l'endroit du "bonheur".

juillet_2010_253 Le tramway se modernise aussi à Bratislava mais on trouve beaucoup de rames identiques à son homologue Tchèque de la ville de Prague. La souveraineté de la Slovaquie date seulement de 1993.

juillet_2010_254Souvenirs, souvenirs, Je vous retrouve dans mon cœur, Et vous faites refleurir, Tous mes rêves de bonheur...

juillet_2010_255A 20 mètres du centre pour touristes, les prix sont divisés et les vrais-gens de la ville font leurs courses. Le décor est tantôt triste, sauvage ou populaire et ressemble à beaucoup d'images urbaines d'Europe de L'Est.  A 1000 km de Paris, en 2010, l'obésité et l'omniprésence du téléphone potable ne font pas encore partie de cette Europe là. Mais ça viendra...Promis!! Cadeaux du libéralisme....